La Journee Internationale de la Femme: L’histoire de Nellie

La Journee Internationale de la Femme: L’histoire de Nellie

  mars 8, 2015 6:22
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Il y a beaucoup de défis posés aux jeunes femmes d’aujourd’hui. Un défi majeur pour les femmes en Afrique Orientale et Australe est le manque de connaissances de base et l’accès à l’éducation sexuelle et aux services de santé, y compris les questions liées au VIH et à la grossesse. Nous reconnaissons la nécessité de responsabiliser les jeunes, surtout les filles, afin d’éliminer la stigmatisation et la discrimination associées au VIH et aux grossesses. L’éducation est un moyen d’y parvenir.

Certaines jeunes filles sont blâmées pour leur infection au VIH et accusées d’être immorales. D’autres finissent à la rue parce qu’elles n’ont nulle part où aller. Nellie, une jeune fille du Kenya sait ce que l’on ressent lorsqu’on est effrayé et seul dans l’adversité. Nellie a partagé son histoire, grâce à une note manuscrite, dans l’espoir d’aider d’autres jeunes à surmonter des défis similaires.

Le 8 mars 2015 se déroule la Journée internationale de la femme. Une journée qui reconnaît l’adversité à laquelle de nombreuses jeunes filles et femmes sont confrontées dans le monde et le courage qu’il faut pour le surmonter. Nous admirons la force de Nellie partageant son histoire difficile et nous sommes certains qu’elle va laisser un héritage positif, dans sa communauté et au-delà. Merci, Nellie.

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Un Changement

Une lettre écrite par Nellie

« Je suis  désolée de vous informer que vous êtes séropositive, mais vous allez également avoir un bébé, » m’a annoncé le médecin.

Les larmes me montèrent aux yeux. C’étaient des larmes de profonde amertume qui piquaient les yeux. Ce monstre, ce monstre m’avait infecté. Ma vie s’est effondrée juste devant mes yeux. Je vais maintenant avoir son bébé, un rappel constant de cette nuit terrible où il a pris mon innocence sans mon consentement. « Merci » je parvins à prononcer alors que je sortais du bureau du médecin.

« Je suis désolé de vous informer que vous êtes séropositive, mais vous allez également avoir un bébé, » m’a annoncé le médecin.

J’avais seulement dix-sept ans, j’étais une étudiante, enceinte et pour corser le tout, séropositive. Où puis-je commencer? Combien de temps vais-je vivre? Est-ce que j’aurai le bébé? Ces questions ont traversé mon esprit alors que je marchais dans les rues, paranoïaque; dans mon esprit tout le monde savait mon statut. Je pouvais entendre chuchoter à ce sujet lorsque je passais. J’essayais de lutter contre les larmes mais je ne pouvais pas et elles ont lentement commencé à couler sur mes joues.

Je suis finalement rentrée à la maison. « Que ce passe-t-il? » m’a demandé ma mère. Sans même dire un mot, je commencé à sangloter, incontrôlable. «Maman, … Je suis enceinte … et séropositive. » Elle m’a seulement regardée fixement et m’a dit: « Où est-ce que je me suis trompée avec toi? T’ai-je élevée comme ça? Imagine ce que les gens vont dire à propos de notre famille.  » Est-ce que ça s’est vraiment passé? Elle va même me demander comment s’est arrivé? J’étais vraiment seule.

Bientôt la rumeur se répandit et partout où j’allais je pouvais voir les gens s’éloigner de moi et entendre leurs murmures résonner. « C’est la fille malade », « Elle manque tellement de morale », « Elle n’a probablement pas été élevée dans une bonne famille. » Tout ce que je pouvais penser était « Si seulement ils savaient. »

Je vis mon amie de longue date Emily. Un sourire illumina mon visage alors que je marchais à sa rencontre. « Non! » A-t-elle protesté. « Ne me touche pas! Je ne veux pas attraper le virus! « Hurla-t-elle en s’éloignant. Je fus surmontée par le choc et me mis à me poser la question de savoir si j’étais un monstre qu’on devait éviter.

Le choc m’envahit et je me mis à me poser la question de savoir si j’étais un monstre qu’on devait éviter.

Le bébé était un autre problème. Je pensais à l’avortement plus d’une fois mais cela aurait simplement ajouté la culpabilité de ma vie déjà misérable. Je décidais de garder le bébé, même si cela me rappelait cette nuit horrible.Cela n’a jamais été la faute du bébé.

Chaque jour est un défi. La stigmatisation, une maladie après l’autre, l’énorme quantité de médicaments que je dois prendre chaque jour, et le pire de tout,  le traumatisme. Je ne peux même pas fermer les yeux sans voir l’acte odieux que j’ai subi traverser à plusieurs reprises mon esprit. Ce n’est pas mon choix d’être enceinte ou séropositive. Tout le monde suppose que cela est dû à mon immoralité. Mais j’ai fait le choix de ne pas mourir comme «la fille qui avait le virus», mais de vivre comme «la fille qui a permis un changement,  » la fille qui a vécu sa vie et qui est une source d’inspiration pour de nombreuses victimes».

Je promets de laisser un héritage, un changement. Je vais accepter mon statut et travailler à aider les victimes du VIH à vivre leur vie de façon positive.

 

Merci à Nellie et à LVCT Health.


 
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